L’insalubrité en Haïti: un problème de plus en plus alarmant
Analyse
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Nul doute. L’insalubrité est un réel souci en Haïti. Il s’agit d’un des plus gros maux de sa société, d’un mal omniprésent qui envahit son environnement ; d’une gangrène qui la ravage sans qu’aucune véritable mesure ne soit prise contre elle... Fatras, détritus, et autres immondices s’étendent à perte de vue dans la capitale. À chaque coin de rue, il est d’usage de voir un amoncellement de déchets, dégageant des odeurs plus parfumées les unes que les autres. Bien que ce phénomène soit beaucoup plus marqué dans les grandes villes, il est également de plus en plus visible dans les provinces. Il urge désormais de freiner son ascension car ses conséquences, directes ou indirectes sont désastreuses, à la fois sur le plan humanitaire, sanitaire, et environnemental !
Comme dans beaucoup de pays du Sud, la question des déchets en Haïti n’est malheureusement pas perçue comme une priorité par les décideurs publics. Le système des déchets se caractérise par l’absence quasi totale de traitement, que ce soit pour les déchets ménagers ou pour les déchets dangereux. D’autre part, la population augmente et devient urbaine à un rythme plus rapide que jamais. Le pays, encore essentiellement rural il y a 25 ans, avec plus de 8 % de sa population vivant dans de petites agglomérations, se transforme de nos jours, avec près de 52 % des Haïtiens vivant dans des villes, et seulement 30 % d’entre ceux-ci habitent dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, selon des données du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Également, cette urbanisation massive s’est effectuée en l’absence de tout cadre de planification, de contrôle ou de réglementation et dans des conditions de faible capacité à étendre la prestation de services de base, à un rythme susceptible de suivre celui de la croissance de la population urbaine. Outre ses retombées économiques et politiques, cet accroissement démographique a de graves répercussions sociales sur le pays, notamment l’avènement des bidonvilles, la surpopulation, l’insécurité et surtout, dans le cadre de cet article, la pollution (ménagère).
Les données les plus actualisées sur ce sujet évaluent la production de déchets solides en Haïti à 0.6 kg par personne par jour. Cette quantité ramenée sur une population de 11 millions d’habitants, équivaut à 6 600 tonnes de déchets générés par jour sur le territoire national. Ils s’y accumulent donc quotidiennement, notamment dans les grandes agglomérations, sans être collectés, stockés, valorisés ou détruits par les municipalités ou pris en charge par l’Etat. En effet, le Service national de gestion de résidus solides (SNGRS), l’institution publique chargée de la gestion des déchets à travers le pays, reçoit trop peu de fond pour pouvoir être réellement efficace. Par ailleurs, un nombre de plus en plus croissant d’entreprises privées offrent des services de collecte et de valorisation des déchets solides en Haïti. Cependant, ces dernières se localisent pour la plupart uniquement dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et souffrent entre autres d’une très faible capacité en ressources matérielles et humaines.
Par conséquent, l’environnement haïtien se retrouve considérablement pollué ce qui a un impact néfaste sur la vie de la population, sa santé étant ostensiblement menacée. Au fait, les facteurs de risque environnementaux, tels que la pollution de l’air, de l’eau et des sols, l’exposition aux substances chimiques, le changement climatique etc. contribuent à la survenue de plus de 100 maladies ou traumatismes. D’ailleurs, l’exemple le plus parlant de cette pollution actuellement -si nous négligions les infections respiratoires et cutanées faisant rage- serait la recrudescence du choléra, à cause notamment de la contamination de nos ressources en eau potable et d’un problème terrible d’assainissement. De surcroit, l’Etat est dans l’incapacité d’apporter à la population une aide convenable. Les maladies se propagent donc rapidement dans une population presque totalement désarmée sanitairement, par conséquent, les décès sont nombreux.
D’un autre côté, l’une des incidences les plus apparentes de l’insalubrité en Haïti est notablement son impact sur la circulation. En plus de favoriser la pullulation d’insectes nuisibles et porteurs de maladies, l’accumulation des fatras en pleine rue rend le trafic de plus en plus difficile. Certains passages sont complètement bloqués à cause de ceux- ci et lorsqu’il pleut, le spectacle est encore plus désolant.
La santé de la population passe par la salubrité de l’environnement. Selon le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS, « Si les pays ne prennent pas des mesures afin que les populations vivent et travaillent dans un environnement sain, des millions de personnes continueront à tomber malades et à mourir prématurément ». Nous comprenons donc que des mesures drastiques doivent être prises par les instances étatiques dans de plus brefs délais, en vue d’éviter le prolongement de cette crise sanitaire auquel fait face le pays. De même, il est nécessaire de conscientiser la population, de l’éduquer de manière efficace car, le respect de l’environnement est non seulement un devoir moral mais aussi civique. Ainsi, œuvrons ensemble pour vivre de la manière la plus saine possible !
Editorialiste: Laïtza Jennifer Chrismaëlle Pierre

La lutte contre l'insalubrité est une obligation pour les représentants ainsi que les citoyens
RépondreSupprimerEn effet. Les deux parties doivent travailler ensemble pour de meilleurs résultats.
SupprimerToutes mes félicitations à toi Layou. Tu as produit un travail exceptionnel . Me wilsonne Lafalaise
RépondreSupprimerMerci Me Lafalaise. Vous me faîtes plaisir.
SupprimerToutes mes felicitations ma fille....tu es digne de vos parents
RépondreSupprimerMerci beaucoup !
SupprimerUn travail faisant la radiographie de cette triste réalité . C'est un très bon coup plume.
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