L'élimination de la violence contre les femmes
Synthèse
« La violence à l'égard des femmes
est l'une des violations les plus honteuses des droits de l'homme », nous dit l’ancien
secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. Cependant c’est la plus
répandue. Fléau mondial à l’ampleur notable, les violences faites aux femmes ne
connaissent pas de limites géographiques, ni culturelles. Pendant longtemps, on
ne disposait pas de données chiffrées pour permettre d’objectiver ce phénomène
; beaucoup de luttes et de nombreuses constituent
le prix qui a dû être payé pour faire reconnaitre au monde la gravité de la
situation de myriades de femmes aux quatre coins du globe. Malgré tout, les
violences à leur égard continue. Ainsi, en 1999, l’Assemblée des Nations Unies
a proclamé le 25 novembre Journée
internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes,
invitant les gouvernements, les organisations internationales et les ONG à
organiser des activités pour sensibiliser le public à ce sujet. À cet effet,
chers lecteurs, afin de commémorer de la meilleure des manières cette date combien
importante, découvrons deux remarquables histoires, témoignages de vécu de
femmes violentées.
Les violences envers les femmes n’ont
pas toujours été reconnues. Ce n’est qu’à partir des années 90 que des enquêtes
scientifiques (à portée mondiale) ont permis de coter les phénomènes et
expériences violents vécus par les femmes. C’était un fait caché, invisibilisé,
tabou, clairement à cause d’un manque de renseignement les démontrant
précisément, mais également parce qu’à l’époque violenter la femme -surtout
dans le cadre conjugal- était en quelque sorte quelque chose de banal.
Commençons par une histoire connue qui s’est déroulée de l’autre côté de la
frontière. Il s’agit de celle des sœurs Mirabal, symbole mondial de la violence faite aux femmes. Minerva, Patria et
Adela Mirabal sont trois sœurs d’origine dominicaine qui ont vécu au vingtième
siècle sous la dictature de Rafael Trujillo.
Ayant toutes les trois reçu une
éducation de qualité, elles ont grandi dans un milieu aisé sous la dictature de
« El Jefe », sans pour autant adhérer à ses principes. Le destin des Mirabal allait être complètement bouleversé en
1949 lorsque la famille est invitée à
une fête en l’honneur de Trujillo au Palais du Gouvernement à Santiago.
Celui-ci, attiré par Minerva, lui fait des avances répétitives qu’elle repousse toujours avec fermeté. Il l’invite
elle et sa famille à plusieurs autres festivités en sa présence mais elle reste
de marbre face aux offres du dictateur. Furieux du refus de Minerva, Trujillo
fait emprisonner son père Enrique Mirabal, ce qui attisera l’hostilité de
Minerva et de ses sœurs à son égard. En conséquence, celles-ci mettront en
place un mouvement révolutionnaire en 1959. Dès janvier 1960, des membres du
mouvement sont arrêtés et incarcérés. Minerva, María, Teresa, leurs maris
respectifs ainsi que quelques membres de leurs familles sont emprisonnés. Les
trois sœurs sont libérées peu de temps après, mais Trujillo décide de se
débarrasser définitivement d’elles. Il commandite leur assassinat et celles-ci
se font tuer le 25 novembre 1960.
L’assassinat des sœurs Mirabal provoque effroi et
indignation dans tout le pays, et renforce l’opposition à Trujillo qui sera
assassiné à son tour six mois plus tard. Leur tragique et injuste fin
influencera de nombreuses actions pour la lutte contre la violence envers les
femmes. C’est d’ailleurs en leur hommage que la République dominicaine a
proposé aux Nations Unies que la date de leur mort soit attribuée à la journée
de lutte contre la violence faite aux femmes. Et depuis 1999, celle-ci est
officiellement désignée par l’Assemblée des Nations Unies, Journée
internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Passons maintenant à la seconde histoire, plus actuelle et
plus locale. En 2022, il est désormais clair que la violence subie par les
femmes au quotidien dans la société haïtienne est réelle et se manifeste sous
diverses formes. Par ailleurs, des enquêtes ont également montré qu’il existe
des facteurs d’aggravation de cette violence, notamment les situations de crise
humanitaire. En Haïti, c’est une situation qui nous est familière mais, nous ne
pensons malheureusement pas assez à son incidence sur la violence envers les
femmes, particulièrement celles des milieux défavorisés. Ce récit est celui de
Rose, une jeune Haïtienne ayant témoigné auprès du Bureau intégré des Nations
Unis en Haïti (BINUH) et du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de
l'homme (HCDH) des violences sexuelles perpétrées par des gangs lors de leurs
attaques.
Au début du mois de juillet 2022, Rose, âgée de 25 ans, a
été victime d’un viol collectif, perpétré par des éléments armés au cours
d'intenses violences opposant deux coalitions de gangs rivaux à Cité Soleil. 52
autres femmes et filles ont connu le même sort ! Un rapport publié conjointement par le BINUH et
le HCDH relate sa mésaventure ainsi : « Dans l’après-midi du 7 juillet 2022,
Rose, mère de quatre enfants et enceinte de cinq mois, a été sévèrement battue
et violée, en présence de ses enfants, par trois hommes masqués et lourdement
armés. Ces derniers étaient entrés de force dans sa maison lors d'une attaque
lancée contre les habitants du quartier de Brooklyn, à Cité Soleil. Plus tôt ce
jour-là, le mari de Rose avait été exécuté par balles par des membres du même
gang. Avant de partir, les individus armés ont mis le feu à sa maison,
obligeant Rose et ses enfants à dormir dehors pendant plusieurs nuits ». L’histoire
de Rose illustre le calvaire de nombreuses femmes haïtiennes, utilisées par les
gangs pour semer la peur. Ces gangs sont en mesure de commettre des actes de violence
sexuelles et d'autres violations des droits de l'homme principalement en raison
de l'impunité généralisée et de la facilité d'accès aux armes et aux munitions
provenant du trafic illégal depuis l'étranger. Ils utilisent librement cette
violence comme arme contre le tissu social en ciblant les femmes et les filles,
renforçant leur pouvoir et la crainte de la population à leur égard … La
population est donc paralysée dans un cycle de violence dans lequel sa majorité
féminine se retrouve en proie à toutes les menaces, et ce, sous de nombreux
aspects.
L’épanouissement des femmes dans la société doit être un
souci majeur pour un bon fonctionnement de cette dernière. Les violences commises
envers elles constituent un véritable frein au développement. Elles ont des
effets négatifs sur leur bien-être général et les empêchent de participer
pleinement à la vie sociale. Comme approuverait le docteur Denis Mukwege, si
vous détruisez les utérus, il n'y aura plus d'enfants et donc pas d'avenir.
Aucune violence n’a jamais ajouté à la grandeur des hommes. Elle n’est qu’une
solution temporaire et source d’injustices. Faisons en sorte que les femmes en
soient à l’abri pour la prospérité de
tous dans un monde meilleur.
Editorialiste : Laïtza Jennifer
Chrismaëlle Pierre

Très intéressant ✨🥺 merci
RépondreSupprimerFélicitations à toi pour cette production si enrichissante.
RépondreSupprimerFélicitations à toi Laïtza. C'est un sujet sensible qui touche malheureusement toutes les femmes du monde sans exception.Espérons que cela prendra fin un jour. Très bel article.
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